Le dépistage organisé du cancer du poumon permettra de sauver des vies et d’épargner des ressources au sein du système de soins liés au cancer

Les données probantes montrent que lorsque le cancer du poumon est détecté à un stade précoce, les résultats du traitement sont meilleurs

Le dépistage des personnes en fonction de leur risque de contracter un cancer du poumon peut sauver des vies, mais malheureusement, il n’existe encore nulle part au Canada de programmes de dépistage organisé du cancer du poumon à l’échelle des provinces et des territoires pour les personnes présentant un risque élevé d’être atteintes de cette maladie.

À l’heure actuelle, les programmes de dépistage organisé sont plus importants que jamais, car le taux de mortalité associé au cancer du poumon continue d’être le plus élevé de tous les types de cancer.

Une nouvelle ressource mise au point par le Partenariat présente la justification et la proposition de valeur de la mise en œuvre de programmes de dépistage organisé du cancer du poumon dans une analyse de rentabilité standard à l’intention des provinces et des territoires, et elle détaille comment celle-ci se traduira par de meilleurs résultats chez les personnes atteintes de la maladie et par une amélioration de l’efficacité du système de soins liés au cancer. Les provinces et territoires peuvent adapter l’analyse de rentabilité et l’utiliser dans leur propre contexte pour faire progresser le dépistage du cancer du poumon. Une Boîte à outils pour l’évaluation du degré de préparation a été mise au point comme ressource complémentaire pour aider les partenaires à se servir de l’analyse de rentabilité.

À compter de 2020, le Partenariat aidera les provinces et les territoires à créer des programmes de dépistage organisé du cancer du poumon, en mettant l’accent sur l’adoption d’approches propres aux peuples autochtones afin d’accroître l’accessibilité de ces programmes pour les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis et pour les personnes d’autres communautés mal desservies, comme celles qui résident dans des régions rurales et éloignées et celles dont le revenu est faible.

Ces efforts contribueront à faire avancer la priorité 2 de la Stratégie canadienne de lutte contre le cancer (2019-2029), qui vise à faire en sorte que le cancer soit diagnostiqué plus rapidement, avec exactitude et à un stade plus précoce grâce à des programmes de dépistage organisé fondés sur des données probantes.

Les taux de survie augmentent grâce à la détection précoce

Le cancer du poumon est le cancer le plus souvent diagnostiqué chez les Canadiens, et ce type de cancer tue plus de personnes (lien en anglais seulement) au pays que les cancers du côlon, du sein et de la prostate réunis. Chaque année au Canada, 29 300 personnes reçoivent un diagnostic de cancer du poumon et 21 000 en meurent.

Arrêter de fumer reste la meilleure chose que l’on puisse faire pour améliorer son état de santé général, et pour ceux qui y sont parvenus, le dépistage est la seule autre chose à faire pour réduire de manière significative leur risque de cancer du poumon.

Soixante-dix pour cent de tous les cancers du poumon sont diagnostiqués à des stades avancés (III et IV). Dans de nombreux cas, la maladie progresse sur plusieurs années, ce qui offre des possibilités d’intervention clinique. En ce qui concerne le cancer du poumon de stade avancé, le taux de survie à cinq ans est inférieur à 19 %. Cependant, si le cancer du poumon est détecté au stade le plus précoce (stade 1A), le taux de survie à 5 ans est de plus de 80 %.

Le nombre de décès et l’utilisation des ressources du système de santé peuvent être réduits grâce à une détection précoce.

La TDM à faible dose aide à la détection précoce

La tomodensitométrie (TDM) à faible dose constitue un moyen rapide et non effractif de dépister le cancer du poumon, et peut permettre de détecter la maladie plus tôt.

Il existe une forte corrélation entre le taux élevé de mortalité lié au cancer du poumon et le fait qu’il est souvent diagnostiqué à un stade avancé, lorsque le traitement est moins efficace et que les chances de survie sont plus faibles. Aujourd’hui, la tomodensitométrie (TDM) à faible dose permet de détecter le cancer du poumon à un stade précoce, ce qui peut améliorer les résultats du traitement.

Chaque année au Canada, 29 300 personnes reçoivent un diagnostic de cancer du poumon et 21 000 en meurent.

La TDM à faible dose consiste à utiliser un rayonnement à faible dose pour capter des images détaillées des poumons. La procédure est rapide et non effractive. Il est possible de détecter le cancer du poumon de manière précoce, car la TDM à faible dose s’est avérée cliniquement efficace. Deux essais contrôlés de grande envergure à répartition aléatoire ont révélé que le dépistage par TDM à faible dose permettait de réduire de 20 à 24 % les décès attribuables au cancer du poumon. De plus, pour ce qui est de la TDM à faible dose, on a estimé à 255 le nombre de personnes devant subir un dépistage (NPDSD) pour prévenir un décès, ce qui est nettement moins élevé qu’avec d’autres programmes de dépistage au Canada.

La TDM à faible dose est également rentable

Le dépistage du cancer du poumon devrait être rentable, et la modélisation économique montre que la TDM à faible dose est équivalente à d’autres stratégies de dépistage. Le modèle OncoSim du Partenariat prévoit que, sur une période de 20 ans, le dépistage du cancer du poumon par TDM à faible dose permettra de détecter de 8 000 à 17 000 cas supplémentaires de cancer du poumon de stade I, ce qui se traduira par 6 000 à 14 000 cas de cancer du poumon de stade IV de moins et 5 000 à 13 000 décès attribuables au cancer du poumon de moins.

En ce qui concerne le cancer du poumon de stade avancé, le taux de survie à cinq ans est inférieur à 19 %.

Seul le dépistage opportuniste existe pour le cancer du poumon

Des programmes de dépistage organisé existent dans tout le Canada pour le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus et le cancer colorectal, mais aucun programme de dépistage organisé du cancer du poumon n’a encore été mis en œuvre à l’échelle des provinces et des territoires. On procède déjà au dépistage opportuniste – qui se fait dans un environnement non contrôlé et non surveillé. On sait que le dépistage opportuniste se traduit par une augmentation des coûts et un nombre accru de conséquences négatives pour les patients comparativement à un dépistage organisé conçu pour garantir que les bonnes personnes subissent le bon test de dépistage et fassent l’objet d’un suivi au bon moment.

Sur une période de 20 ans, le dépistage du cancer du poumon par TDM à faible dose se traduira par 5 000 à 13 000 décès attribuables au cancer du poumon de moins.

Possibilité de mettre en œuvre la TDM à faible dose pour le dépistage organisé

La plupart des provinces possèdent de l’expérience en matière de dépistage du cancer du poumon par TDM à faible dose grâce à leur participation à l’Étude pancanadienne sur la détection précoce du cancer du poumon (Alb., C.-B., N.-É., T.-N.-L., Ont., Qc), aux études de recherche en cours (Alb., C.-B.) et aux essais pilotes (Ont.). Comme le souligne la Boîte à outils, il est possible de s’appuyer sur cette expertise pour mettre en œuvre de manière efficace un dépistage organisé par TDM à faible dose dans les provinces et les territoires. La Boîte à outils pour l’évaluation du degré de préparation peut être utilisée par les décideurs des territoires de compétence et les responsables des organismes et programmes de lutte contre le cancer.

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